Témoignage : Enceinte à 17 ans – déni de grossesse – je me suis battue pour que mon fils n’aille pas à l’adoption

Aujourd’hui je vous livre un témoignage puissant et poignant. C’est le témoignage d’une jeune fille, Elodie, qui est tombée enceinte « trop tôt », et qui a dû se battre pour avoir le droit d’aimer et de garder son fils.
J’entends souvent des gens me raconter que telle ou telle femme a avorté, par pression sociale, parce que le conjoint le voulait, parce que les parents l’exigeaient… Ces filles ou ces femmes dévorées de l’intérieur, qui ne seront plus jamais entières ni elles-mêmes, car elles ont pris la décision d’arrêter la Vie qu’elle aimait déjà pourtant si fort, pour se conformer aux désirs des autres.
Ce témoignage prouve que contre toute attente et avec une force de vaincre, on peut toujours s’en sortir et y arriver. L’IVG et l’adoption ne se pratiquent que si c’est un choix qui vous appartient entièrement, ne laissez personne vous obliger à pratiquer de tels actes si vous le faites à contrecœur.
Bonne lecture.

guillmimaman1J’avais 17 ans quand j’ai appris ma grossesse.

Je me souviens d’un jour où ma mère me disait que j’avais pris du ventre, et que j’étais surement enceinte. A cet âge-là, je tenais beaucoup tête à mes parents, j’étais insolente. J’ai répondu « n’importe quoi, je suis toute maigre ». Ma mère m’a dévisagé et m’a conseillé de faire une échographie quand même pour en être certaine. Le lendemain, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai laissé mon père m’emmener à l’hôpital. Je me souviens que c’était le mois de mai, il faisait beau, il faisait chaud. J’entends encore les mots de mon père, prononcés sur le trajet en voiture, résonner dans ma tête : « Et je te préviens, si tu es enceinte, tu avortes !!! ». Je n’ai rien pu répondre, je suis resté muette jusqu’à ce qu’on arrive au centre hospitalier. Je n’étais déjà pas d’accord.

Arrivée à l’hôpital, une gynécologue m’a prise en charge rapidement. Elle était douce et gentille, à l’écoute. Elle m’a demandé de m’allonger sur le lit en soulevant mon t-shirt. Pour la première fois de ma vie, j’avais le droit à une échographie. La gynéco a ouvert grand les yeux, et m’a annoncé que j’étais bel et bien enceinte …..de cinq mois et demi ! Je n’y croyais pas. C’était pourtant bien vrai.
Je me suis mise à pleurer, incontrôlable, j’étais bouleversée et heureuse à la fois. Une million de sentiments et de sensations se bousculaient en moi. J’ai demandé au médecin comment il était possible que je n’ai rien vu, qu’on n’ait pas su avant. Elle a donc parlé du fameux déni de grossesse, raisons et causes ; et et m’a demandé ce que je comptais faire ( adoption, accouchement sous X, le garder ). Ma réponse a été spontanée : je le garde. Je l’aimais déjà, ce petit garçon tout juste découvert.
Après cet entretien en tête à tête, la gynéco a fait entrer mon père dans le bureau pour lui annoncer elle-même la nouvelle car je n’étais pas en mesure de le faire. Pour mon père, ce fut une très mauvaise nouvelle. Il était furieux.

Lorsque nous sommes sortis de l’hôpital et que nous étions sur le chemin, mon père s’est mis à hausser le ton et à me menacer de « prendre la bonne décision » ( à savoir : ne pas garder mon fils ). J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Comment peut-on être aussi cruel ?
Une fois de retour à la maison, mon père s’est précipité auprès de ma mère pour lui transmettre l’info. Ma mère, elle aussi, a réagi avec virulence – exactement comme mon père. Je me suis sentie seule, et à cet instant précis, j’ai su que je mènerai ce combat sans eux ….contre eux. C’était dans à la fois un jour merveilleux ( j’apprenais que j’allais être maman ) mais aussi le début d’un cauchemar, dont je ne mesurais pas l’importance.

Au lycée, le lendemain, tout le monde a été mis au courant de façon a aménager mes heures de cours. Les élèves me regardaient de travers, ils m’insultaient aussi. Je ne disais rien, je prenais sur moi, mais je sentais la haine monter du plus profond de mes entrailles. Le géniteur, quant à lui, a été clair sur le rôle qu’il jouerait auprès du Bébé : AUCUN. Entre les autres ado, le géniteur, mes parents, j’étais si mal … Ce mal-être m’a tellement bouffé que je n’arrivais plus à me nourrir, à rire, ni même à dormir.

J’ai cessé d’aller en cours définitivement à la mi-juin, car j’étais en alerte accouchement précoce. Je suis restée hospitalisée trois semaines – seule pendant tout ce temps. Début juillet, mes parents sont partis en vacances – alors je suis restée chez ma grand-mère en attendant l’accouchement, et en espérant que mon Bébé se porte bien car le moment n’était pas venu. Mais…. j’ai accouché le 24 juillet 2014, à 7 mois et demi de grossesse, même pas trois mois après avoir appris la nouvelle.
Accouchement seule. Rapide. Sans douleurs.
Un bonheur inouï et immense de devenir Maman, de rencontrer mon Amour.

Mais mon cauchemar ne s’est pas arrêté au simple fait de mettre au monde un enfant encore trop petit, et nécessitant des aides respiratoires etc… En effet, quand le petit est né, on m’a annoncé que je n’étais pas en droit de prénommer mon fils car il y était déjà inscrit « X Masculin » sur son bracelet de naissance. Je ne comprenais pas, alors on m’a dit qu’il était prévu pour l’adoption. Le monde s’est écroulé sous mes pieds : je n’avais jamais accepté cette option pour mon enfant, je n’en n’avais jamais parlé. Une infirmière a pris le temps de venir m’expliquer que lorsque j’ai été hospitalisée en juin, mes parents ont entrepris toutes les démarches administratives pour que mon enfant aille directement au service ADOPTION à sa naissance.

J’étais choquée, impuissante, trahie, et pleine de rage. Mais cette rage accumulée depuis des mois m’a donné la force nécessaire de me battre, de ne pas baisser la tête, de ne pas accepter le choix des autres. J’ai contacté l’assistante sociale de l’hôpital pour lui expliquer le grave problème qui se jouait. Elle m’a promis de tout arranger, comprenant que je voulais être la mère de mon fils – et que mes parents m’avaient court-circuités. Et cette femme formidable a pu résoudre le drame : après trois jours à s’appeler « X Masculin », mon fils portait enfin son prénom sur son bracelet : Timéo.

De retour de leurs vacances, mes parents sont venus me voir. J’avais de la haine envers eux, de la rancœur et du mépris.  Mais j’ai quand même accepté qu’ils rencontrent leur petit-fils ; pour que eux aussi tombent fous amoureux de lui, cette merveille d’amour. Dieu sait que j’ai eu tort de faire preuve de bonté, car lorsque nous sommes montés en pouponnière, j’ai proposé à mes parents de prendre le petit dans leur bras. Ils ont répondu « Non, nous ne porterons jamais cette chose ».
Cette chose ?! Mais merde ! C’est un bébé ! MON bébé ! Sur ces mots, je leur ai ordonné de s’en aller.

Timéo et moi sommes sortis de l’hôpital le 8 août, avec mes parents, et j’ai rapidement quitté le domicile familial pour rejoindre le domicile de l’homme qui m’a accepté jeune maman – celui qui est mon mari à présent – mon Amour de jeunesse – et surtout le Papa adoptif de mon fils.

Mes relations avec mes parents sont inexistantes. Ils voient Timéo une fois par mois, même s’il n’a pas l’air de comprendre qui ils sont pour lui. Je m’en tiens à ce rapport avec eux, dans l’unique intéret de mon enfant.

Aujourd’hui, j’ai 20 ans. J’ai un adorable petit garçon, une merveilleuse famille, une envie de vivre, et une jolie vie. J’ai voulu mettre mon histoire noir sur blanc pour transmette un message, pour toutes les jeunes filles qui tombent enceinte trop jeunes et desquelles les parents (ou conjoints) réagissent avec violence : battez-vous, soyez maîtresses de vos décisions, il s’agit de votre vie – et vous y arriverez. Ne laissez personne vous dire ce que vous devez faire de votre corps, de vos enfants. J’ai réussi, vous aussi.

Elodieguillmimaman2.jpg

 

* Pour pouvez suivre cette Maman-Courage sur Instagram : @mamanfee_bebepirate

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