Bébé fait la loi à la maison – Bienveillance

 Sans prétention et loin de le faire parfaitement, je fais grandir mon fils dans une éducation bienveillante et positive. Dans cette éducation qui frôle avec le laxisme quand on n’y connait rien ou qu’on ne sait pas agir en conséquence, on peut rapidement se noyer sous les désirs et les actes du tout-petit. A quinze mois, c’est le terrible constat que j’ai fait en voyant l’équilibre entre Honoré & moi se détériorer. Qu’ai-je mal fait ? Comment corriger ? Est-il possible de le responsabiliser pour que je souffle un peu ?

bébé fait la loi à la maison bienveillance mimaman

Je passe mon temps à me remettre en question, et chaque fois qu’un agissement de mon fils m’interroge, ce n’est de lui dont je doute mais bel et bien de moi-même. L’avantage avec un enfant, c’est sa capacité d’adaptation qui nous prouve qu’ils peuvent rapidement revenir vers des attitudes plus apaisantes si on leur montre comment s’y prendre. Comment s’y prendre…. Parlons-en.

A QUINZE MOIS, UNE MÂTINÉ LAMBDA 
Honoré se réveille le matin, nous descendons vers le salon pour prendre le petit-déjeuner et commencer la journée. Il ne lâche pas sa sucette ni son Doudou et prend son repas comme bon lui semble : il s’amuse à égoutter le lait du biberon directement sur le sol – lait qu’il étale ensuite grâce à ses petites mains pleine d’envie d’apprendre. Ses biscuits sont dispersés ça & là sur le sol, il prend un bout, croque, jette, prend un autre bout, etc…. jusqu’à ce que les boudoirs soient tous terminés. Entre chaque croc, il prend de nouveaux jouets dans son coffre à jouet, il les lance dès qu’ils ne lui plaisent plus. Le Doudou est forcément sale, mais la sucette n’a toujours pas quitté sa bouche. Honoré s’exprime donc en gémissant, ou en hurlant. Quand le petit déjeuner est terminé, et que c’est à mon tour de me nourrir, mais il s’agrippe à mes jambes, crie pour avoir mon attention, exige de goûter ce que je suis en train de manger. Si je refuse, alors il va s’occuper en mettant tous ses livres par terre et en marchant dessus. Je n’ai pas droit à plus de deux minutes sans qu’il me sollicite ( pour me grimper dessus, pour m’enfoncer un jouet dans le gosier, en me lançant une balle sur la tête, etc … ). Parfois il arrive à se glisser dans la salle de bain ou dans la cuisine, et il fait des expériences : mettre une peluche dans les toilettes – manger les croquettes des chats – faire tomber un paquet de pates ouvert par terre. Une fois que Bébé est lavé, changé, habillé, le même manège du bordel recommence – encore et encore jusqu’à la fin de la journée.
Au final, je n’ose plus manger en présence d’Honoré parce qu’il m’empêche de me poser dix minutes. Je passe ma journée à ranger encore et encore et encore et encore les jouets pour que la pièce à vivre soit dans un état acceptable. J’hurle sans arrêt parce que je ne supporte pas que la maison soit sale à cause de la nourriture – je le piste avec ses gâteaux et ses biberons – je nettoie sans cesse le sol. Je ne peux pas détourner mon attention de lui plus de quelques secondes, je suis sous tension permanente. Et le soir, je me couche anxieuse quand je pense au cinéma qui se rejouera demain et après-demain, toujours le même, dans lequel je n’ai pas d’espace – pas de répit – pas de moment de plaisir à partager avec mon enfant.

L’HEURE DU CONSTAT
Le problème ne vient pas de l’éducation positive que j’ai mise en place avec Honoré. Le problème vient de moi, du fait que j’ai laissé trop de choses me filer entre les mains. Je ne m’en suis pas rendu compte jusqu’à ce que je sois à bout, mais mon fils dirige et commande la maison – je ne suis rien d’autre que son esclave nourricière. Honoré n’est pas un enfant méchant, il n’est pas mal attentionné, il n’est pas non plus capricieux. Il fonctionne seulement avec les clefs que je lui donne – et visiblement parmi ces clefs, j’ai oublié de continuer à lui fournir celle des limites.
J’ai abandonné les règles de vie avec Honoré parce que l’éducation bienveillante veut qu’on explique le pourquoi du comment à nos enfants chaque fois que nous leur demandons quelque chose. Et cette technique-là en particulier exige une patience parfaite et une énergie homogène. Je ne possède ni l’une, ni l’autre. Pourtant je n’ai aucune envie de passer à une éducation classique. Alors il faut que je m’adapte à Honoré, à moi, et à la parentalité positive.

ENFIN LES CHANGEMENTS QUI SOULAGENT
Impossible pour moi de mener plusieurs « bataille » à la fois. Je pense que toutes les mamans ( solo en particulier ) connaissent ça : la fatigue, le ras-le-bol, l’insécurité, l’énergie qui ne se renouvelle plus, et le manque de confiance en soi. Donc j’ai décidé de remettre de l’ordre entre Honoré & moi en y allant progressivement, pour que ça ne se fasse pas dans la soumission ni les colères.
J’ai commencé par initier Honoré au rangement. A seize mois, il est en mesure de comprendre qu’après avoir joué, il faut ranger. Je lui propose donc de participer avec moi au rangement de la maison, et sans grande surprise, il adore remettre ses livres dans l’étagère, ranger ses balles dans la boite, les jouets dans le coffre etc… De sa propre initiative, il aime également nettoyer sa table après ses repas, et jeter les déchets à la poubelle. Ranger la maison marque le passage d’un temps à un autre – et il est toujours curieux de savoir ce qui l’attend après ( promenade, sieste, repas etc… ).
Grace à sa nounou, il abandonne peu-à-peu sa vilaine sucette. Quand il me parle avec sa sucette dans la bouche et même si j’ai compris, je lui dis que je ne peux pas entendre correctement. A présent, il retire lui-même sa tétine pour s’exprimer lorsqu’il l’a dans la bouche ( de plus en plus rarement ).
Il apprend également à ne plus jeter les affaires : lorsqu’il ne veut plus quelque chose, il peut me le donner ou le poser sur sa table. Ainsi, même s’il continue à prendre son petit-déjeuner debout, je retrouve toujours ses gâteaux et son biberon correctement posés sur la table basse. Pour cette étape-là, hélas, il m’aura fallu répéter pendant des mois entier plus de 300 fois par jours qu’il n’est pas nécessaire de jeter par terre. Je présume que son cerveau est devenu assez mature pour réfléchir avant d’agir sur ce cas précis ; car je n’ai eu besoin de le mettre en position de ramasser ses affaires jetées que pendant une semaine avant qu’il cesse de balancer à tout-va.
De mon côté, je pars du principe qu’il y a des choses qui sont imposées – que certes je peux lui expliquer pourquoi de temps à autre, mais qu’il n’était plus question de le lui répéter sans arrêt. Par exemple, il est interdit d’entrer dans la cuisine ( car les tentations de bêtises et risques de danger trop grands ) – c’est comme ça, c’est tout. Autre exemple, il n’a pas le droit de toucher mes livres ( il peut les abimer, les salir, les détruire, et aussi parce que je ne supporte pas qu’on touche à ma bibliothèque ) – c’est comme ça, c’est tout. Il y a peu d’interdits dans la maison, mais il n’est plus question de transgresser ces deux-là. Pour qu’il apprenne ces interdits, je lui ai répété plusieurs fois « stop » lorsqu’il allait vers mes livres, pour le rediriger vers les siens. Pour la cuisine, je ferme la porte car en la laissant ouverte pour qu’il me voie, il était trop tenté d’entrer et faire des expériences. J’ai détourné le problème car je ne sais pas vraiment comment l’affronter, mais ça fonctionne.
D’autre part, je ne réagis plus à ses hurlements. S’il veut communiquer avec moi, il est tout à fait possible d’attirer mon attention autrement qu’en me cassant les oreilles. Mais pour que ce mode de communication soit égalitaire, je ne crie plus moi non plus. En effet, à force de devoir me répéter et lui courir après, je me suis mise à hurler en permanence. C’est ma façon à moi d’évacuer le stress, l’angoisse, mes peines, etc. Sauf que forcément, Honoré est devenu insensible à ceux-ci, et ne réalise plus lorsqu’il dépasse trop mes limites. Donc, à moi de lui parler dans le calme et la sérénité. Vous vous en douterez, mais du coup, il est bien plus réceptif à ce que je lui demande.
Pour ce qui est de la prise des petit-déjeuner debout, je ne peux pas lui imposer de rester assis à cause du contexte : il a libre accès à sa table et sa chaise  ( à sa taille ), il dispose donc de l’espace comme bon lui semble. Seuls les repas du midi & du soir se font assis. Ce sont des habitudes qu’il a prises.
Quant au fait de me solliciter sans arrêt, j’envisage de lui consacrer des vrais temps de jeu pendant lesquels je ne ferai rien d’autre qu’être toute à lui – et lui apprendre qu’après ce sont aussi des moments rien qu’à moi pendant lesquels il devra donc jouer seul ou se reposer avec moi.

 Je n’ai pas la prétention de dire que je suis une Maman parfaite, et que je trouve des solutions à chaque problème. Je pense seulement qu’il faut chercher des solutions une par une, et n’attaquer un problème suivant que lorsque le précédent est tout à fait maîtrisé.  L’éducation bienveillante est compliquée en ça qu’elle réclame beaucoup de remise en question et de capacité d’adaptation ( de la part du parent ). On ne se repose pas sur des lois, on ne fonctionne ni dans la peur ni la soumission ( par la punition ) mais on n’a pas non plus de soulagement grâce aux récompenses.
Il faut aussi savoir que ce ne sont pas les enfants qui posent un souci, mais ce qui émane de nous. Pour plus de sérénité, soyons nous-même plus serein au quotidien.

Si vous avez connu des failles similaires, je suis curieuse de connaitre la façon dont vous avez procédé pour que la situation s’arrange.

Maud_Mimaman

Publicités

Une réflexion sur “Bébé fait la loi à la maison – Bienveillance

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s