Accouchement à domicile et maisons de naissance

On parle peu à peu des accouchements à la maison, grâce notamment au fait que les maisons de naissance se font connaitre du grand public ces derniers mois. Les femmes & la société ouvrent petit à petit les yeux sur l’univers de la maternité, très médicalisé, dans lequel la femme et ses instincts sont très souvent bafoués malgré ce que l’on en dit. Rapide focus sur ces deux méthodes pour donner naissance, en dehors des maternités.

maison naissance CALM accouchement bleuet mimaman

Chambre en maison d’accouchement http://www.mdncalm.org/

• Maison de naissance •
Nouveau principe en France, la maison de naissance est une structure, mi-domicile & mi-milieu hospitalier. Elle permet d’accueillir les femmes qui vont accoucher, pour une naissance aussi physiologique que possible, mais avec tout le matériel nécessaire au bon déroulement du grand évènement – et en surveillant la santé de maman et bébé.
Les maisons de naissance sont des bâtiments connexes aux maternités – ce qui permet en cas d’urgence d’être déjà sur place. L’intérêt est de garder l’esprit loin du milieu médical : tout le matériel est donc soigneusement caché dans le décor – pas de défilé de médecins en tout genre – les mamans (et les couples) vont et viennent à leur gré dans la chambre ( oui, une vraie chambre ) qui leur est allouée, avec pour seule compagnie leur sage-femme tant qu’ils en ont besoin.

Liens conseillés :
– Un article complet sur les maisons de naissance
– L’émission Les Maternelles « Maison de naissance »

 

• Accouchement à domicile ( AAD ) •
Si la femme enceinte choisi cette option, elle peut être accompagnée de sages-femmes qui sauront la guider et l’aider dans cette démarche. Pour cet accouchement sans présence d’équipe médicale, certaines conditions sont nécessaires : on exclut les cas de naissance difficile ( bébé en siège, diabète, hypertention, jumeaux etc ). Les sages-femmes préfèrent que le domicile de la maman soit à proximité de l’hôpital, de sorte qu’en cas de complication, la naissance puisse avoir lieu dans une maternité. C’est une méthode d’accouchement que l’on retrouve partout dans le monde, et qui est pourtant méprisée en France ; sans doute à cause des préjugés et des inquiétudes inhérentes à la grossesse et à l’accouchement qu’on fait porter aux femmes enceintes.

Liens conseillés :
– En savoir au maximum pour accoucher à la maison
Lettre du récit d’un AAD d’une maman à son enfant

Céline a accouché chez elle, devant sa cheminée, d’un superbe bébé de 4,4kg. Maman de quatre enfants, elle est pour les accouchements naturels et s’est toujours battue pour échapper aux pressions médicales. Elle m’a aussi parlé du fait qu’il faille bien choisir la sage-femme. En effet, Céline voulait également accoucher chez elle pour sa dernière grossesse, sauf que sa sage-femme n’a pas osé sauter le pas au moment venu. Son mari & elle ont donc été obligés de se rendre à la maternité. Céline n’aurait jamais eu le courage et la force morale de vivre cette superbe expérience sans le soutien infaillible de son homme. Elle nous fait part de son expérience :
« J’ai accouché chez moi, et sans épisiotomie bien sûr. A la maison, le suivi par la sage-femme est précis et plein d’excellents conseils que l’on ne trouve dans aucune maternité. La position pour accoucher est décidée par la maman. C’est ce qui comptait le plus pour moi. La position choisie instinctivement est beaucoup plus physiologique que celle allongée sur le dos ( cette position dite « gynécologique » n’arrange que l’équipe médicale ) – le travail en est donc plus rapide et plus efficace ( par déduction, il y a moins de complications qu’en maternité ). Ce genre d’accouchement est moins pénible et ne nécessite aucune aide intrusive. L’enfant naît naturellement, et dans son cadre familial. Plus d’infos ici & ici»

Sandra, jeune maman, ne se voit pas tenter l’expérience pour ses prochains enfants. En effet, à cause de ce qu’elle a vécu, elle se sent en sécurité et entourée dans un milieu médical :
« Personnellement, sans être contre, moi, je ne le ferai pas. C’est trop risqué et inquiétant. Ayant subis une césarienne d’urgence pour mon premier accouchement parce que mon bébé n’était plus ventilé, je me dis qu’en ayant choisi d’accoucher à la maison il serait  mort in-utéro, même si la maternité était à proximité. Même dans le meilleur des mondes, on ne sait jamais : tout peut arriver. »

Elodie, que j’ai rencontré sur InstaGram, est déterminée à mener plus loin son expérience en maison de naissance, en choisissant l’AAD pour son futur accouchement :
« Mon premier enfant est né à la maternité. Mon deuxième bébé est né en maison de naissance. Mon troisième accouchement est prévu à la maison. Il n’y a pas plus de risque à accoucher chez soi ( plusieurs études, thèses, etc… l’affirment par les chiffres ) car, contrairement à la maternité, la sage-femme est présente en permanence, surveillant de près tout le bon déroulement de l’évènement. Elle peut donc agir très rapidement et en conséquence s’il se passe quelque chose, ou dans les pires (mais rares) cas, décider d’un départ en centre spécialisé.  La maternité (hôpital ou clinique) n’a pas les moyens humains d’accompagner si bien les parents ; et met en place des protocoles à appliquer d’office en cas de complications quelles qu’elles soient ( déclenchement, synthocinon, ocytocine..etc ). Ces protocoles médicaux enferment la maman dans une ambiance médicale, sans libre-arbitre. Elle ne peut donc pas retrouver ses instincts primaires & primitifs pour accompagner son enfant comme toutes les femmes savent le faire de façon innée depuis la nuit des temps. On sait aussi que ces protocoles sont la cause de nombreuses césariennes en urgence, d’accouchement par forceps, d’épisiotomie etc…
J’ajoute que les sages-femmes libérales qui pratiquent l’accouchement à domicile subissent une vraie chasse aux sorcières. En effet, on leur demande une assurance qui s’élève à environ 20000E par an, assurance faramineuse qu’elles ne peuvent pas se payer. C’est ce même montant qui est demandé aux chirurgiens en hôpitaux, alors que même les chiffres prouvent que les risques ne sont absolument pas comparables.
Le plus important, à mon sens, est de laisser chaque femme choisir le déroulement de son accouchement – ce qui est encore compliqué en France. Je soutiens les sages-femmes AAD qui continuent malgré tout pour faire perdurer le droit & la liberté du choix des mamans. »

accouchement a domicile aad mimaman manoncourt

Greek island birth – Manoncourt

J’ai eu énormément de plaisir à échanger avec les mamans concernées et à faire des recherches sur le Net, car je me rend compte que je ne suis pas la seule à m’être sentie perdue et abandonnée face à la surmédicalisation de ma grossesse et de mon accouchement. Je tiens formellement pour responsable toutes les équipes que j’ai rencontré dans mon parcours pour l’accouchement horrible que j’ai subis. Je pense que le manque d’information et le peu d’espace alloué à Dame Nature nous empêchent de vivre notre accouchement avec sérénité et amour.
Je me demande si le fait de choisir un accouchement intime et physiologique sera bientôt autre chose qu’une démarche marginale, et diabolisé. J’espère qu’en France, les mamans seront enfin entendues et respectées en tant qu’Etre humain & vivant, surtout pour ce grand moment de la vie. J’encourage toutes les personnes qui m’ont lues ( femmes & hommes ) à se renseigner sur les véritables raisons pour lesquelles on vit des accouchements pénibles & désagréables, à se déculpabiliser, et se rendre surtout compte que les médecins ne sont pas suffisamment à l’écoute ( de nous, et du respect du déroulement des choses ).

AAD – maison de naissance : qu’en pensez-vous ?

Maud_Mimaman

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Une réflexion sur “Accouchement à domicile et maisons de naissance

  1. Natacha dit :

    Je l’attendais avec impatience et tu le sais !
    Tu sais aussi que comme toi j’ai mal vécu la surmédicalisation en maternité et le suivi trop « normalisé » auquel j’ai eu le droit : pour un accouchement en maternité les rdv médicaux sont peu approfondis dans la relation humaine, les questions ne trouvent pas toujours réponse et quand on nous répond (que ce soit lors du suivi ou des cours de prépa par exemple) il y a toujours une minimisation de tout (l’épisio c’est rien, les forceps ou césa c’est rare etc etc). Alors que pour un accouchement en maison de naissance ou un AAD la sage femme qui effectue le suivi se doit de préparer la maman à tout pour que les choses se passent au mieux évidemment alors l’approche n’a strictement rien à voir, et c’est aussi une question de confiance.
    Et comme toi (et on en a assez parlé pour que tu le saches lol) je tiens l’équipe médicale pour responsable de mon accouchement. Ma grossesse était normale, le début du travail se déroulait à merveille jusqu’à mon arrivée à la mater où de gestes médicaux en gestes médicaux tout est partit en sucette.
    Les femmes aujourd’hui subissent des touchers vaginaux à répétition qui peuvent fragiliser le col (ou dans mon cas le fragiliser ET contribuer à fissurer la poche des eaux, donnant ainsi l’impression que je perdais beaucoup de sang alors que seul mon col saignait un peu mêlé au liquide amniotique mais personne ne s’en est rendu compte.), restent souvent allongées par manque d’information, d’aide, les monitorings ou « raison médicale » (comme ça a été mon cas à cause de mes « saignements inquiétants »), subissent des examens supplémentaires accompagnés d’un manque d’info (j’ai eu droit à des échos une abdo et une sonde endovaginale, une menace de césarienne sans même savoir ce qui posait problème), se voient perfusées pour une péridurale qui ralenti le travail et entrave le bon déroulement de la poussée selon les moments et cloue d’autant plus la femme à la table d’accouchement, des perfusions d’ocyto qui augmentant la force des contractions augmentent le risque de détresse du bébé et d’hémorragies pour la mère, des épisio pour 1 femme sur 3 (1 sur 2 pour les primi, c’est cadeau) qui ont pour but d’éviter les déchirures (en réalité d’accélerer les choses quand le temps imparti n’est plus respecté) alors qu’elles sont souvent plus importantes qu’une déchirure naturelle, risque de se poursuivre en déchirure justement et pas des moindres, augmentent le risque hémorragique, cicatrisent moins bien, endomagent des nerfs (contrairement aux déchirures naturelles) et sont un sacré handicap à terme niveau sexualité et image de soi (j’ai pas eu de baby blues mais j’ai mis des mois à me remettre psychologiquement de cette mutilation !).
    Et là je n’ai parlé que du plus basique qu’on rencontre très souvent, finalement l’AAD n’est pas plus dangereux qu’un accouchement en maternité tout dépend bien évidemment des cas mais dans beaucoup de cas de complications en maternité il y a une raison d’ordre médical et non pas naturelle. Je ne souhaite pas diaboliser pour autant le corps médical mais la moindre des choses serait d’avoir le choix et surtout les bonnes informations et le bon encadrement. Pour ma part l’horreur de l’accouchement en maternité si je peux l’éviter je le ferais alors ce sera AAD pour mon prochain bébé 😀 Et si je dois finir à la maternité malgré tout, je serais la maman peu commode qui fera chier les équipes pour qu’on ne l’infantilise pas car ça aussi, ça suffit de nous prendre pour des incapables ^^

    Aimé par 2 people

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