Contre la fessée, ce châtiment corporel

La violence ne se pardonne pas – quelle que soit la forme qu’elle prend ou la raison qui nous y pousse.

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Dans notre société, l’éducation à l’ancienne est revisitée ces dernières années, notamment avec la Méthode Montessori et autre éducation bienveillante ou parentalité positive. Bien avant de connaitre cette nouvelle version éducative qui tend à faire grandir les enfants dans une ambiance sereine, je savais déjà que j’étais formellement contre toute forme de violence, et là je vais vous parler de la violence physique… La fessée.

D’une façon générale, je suis pour une éducation bienveillante avec mon fils. Je m’applique à l’élever avec des notions telles que le respect, la compréhension, le libre arbitre & la confiance mutuelle. Par déduction, je refuse de fonctionner avec des récompenses et des punitions, dans un cadre imposé. Je suis contre l’éducation punitive mais surtout, farouchement contre la fessée. Si tout un chacun est libre de choisir l’éducation qu’il veut pour ses enfants, cet acte n’en reste pas moins pénible pour moi à supporter. En effet, imposer son autorité par le châtiment physique me semble démesuré et lourd de conséquences.

… Ce que j’en pense, en bref …
Un enfant fera rapidement des déductions qu’il gardera pour le reste de sa vie ( moment introspection pour tous ceux qui lisent ) :
Normalisation de la violence physique car
– taper c’est imposer son autorité
– taper, c’est naturel quand on est en colère
– taper, c’est une façon d’obtenir ce que l’on souhaite
– taper, c’est montrer sa force sur un plus faible

Mais bien pire que ça, le fait d’être battu est quelque chose d’humiliant et de rabaissant (oui, même s’il cela se passe dans l’enceinte familiale). Imaginez si à 30 ans vous vous preniez une fessée parce que vous n’avez pas envie de finir votre assiette : comment vous sentiriez-vous en tant que individu libre ? On sait que, pour un enfant, les sentiments sont bien plus décuplés que ceux des adultes qui sont capables de relativiser.
Les enfants ne sont pas des animaux qu’il faut soumettre et maîtriser; même s’ils ont besoin d’un cadre pour bien grandir, ce cadre n’a pas besoin de blesser le corps & l’âme.
L’humiliation n’encourage pas la confiance de soi, et si l’enfant souhaite s’en libérer, il pensera que cela se fera par le fait de rabaisser autrui ( et donc, avec de la violence physique ou morale, y’a qu’a voir comment ça fonctionne dans les cours de récréation ) – ou alors il se positionnera toujours en victime (ce qui donnera envie « aux plus forts » de se montrer durs et brutaux, tant dans la petite enfance que dans la vie d’adulte).

… A la maison …
Pour ma part, quand mon fils teste les limites que je lui impose alors que je viens de lui expliquer calmement la raison de mon refus (par exemple), je gronde en haussant la voix. Souvent, il se met à pleurer de frustration. Je l’incite à sortir de lui ses sensations et ses sentiments et ne lui interdit pas de s’exprimer. Il n’y a rien de pire que de garder les mauvaises choses en soi, et de se sentir impuissant face à cet envahissement forcé au silence. Il arrive souvent que je sois moi-même débordée par mes sentiments, et que je me mette à hurler avec lui pour me « vider ».
Plutôt que de me décider à le punir ou même le taper pour qu’il se taise ( cela ferait de moi un bourreau incapable d’empathie ), je préfère ensuite me montrer douce et tendre jusqu’à ce qu’il se calme. Pour l’instant, cette méthode fonctionne puisqu’il ne retourne pas vers l’objet déconseillé et s’occupe à faire autre chose par la suite.

Cet article n’a pas pour but de parler de l’éducation bienveillante – même si elle est étroitement liée à mon refus de la fessée, par rapport à mes convictions. Le seul conseil que je peux donner si vous souhaitez l’entendre, c’est qu’un enfant (oui, même le plus pénible d’entre tous (car rien n’excuse la brutalité)) mérite du respect et de l’égard, et surtout beaucoup de compréhension. Le réprimer ne l’aidera pas à se développer ni se construire de façon positive.

En conclusion, je dirais simplement que je respecte mon fils plus que n’importe quelle personne ; et que de fait il m’apparaît instinctif et naturel de ne pas porter atteinte à son intégrité physique  (ni morale)– quelle qu’en soit la raison.

Je vous conseille un autre article sur la fessée et ses conséquences.

Merci de m’avoir lue, j’attends vos avis.

MaudSig

 

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3 réflexions sur “Contre la fessée, ce châtiment corporel

  1. Lust- dit :

    Personnellement j’ai été élevée « aux  » fessées et ça ne m’a jamais traumatisée (car si ma mère avait plutôt la main leste j’ai dû avoir de VRAIES fessées 3/4 fois dans mon enfance par mon père). Je ne sais pas si quand j’aurais des enfants je donnerai ou non des fessées mais j’ai tendance à dire oui. Après c’est vrai que du coup j’étais plutôt sage/calme/polie et le simple regard de ma mère me suffisait à ne pas faire quelque chose ! Après c’est vrai que ton article me laisse dubitative et remet en cause tout ce que je connais. J’ai pas non plus envie d’attenter à l’intégrité physique ou à la dignité de mes enfants ! Je dirai que tant que je n’ai pas d’enfants je réserve ma réponse.

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    • Maud dit :

      On a tendance a reproduire le schéma familial qu’on connait. On normalise et banalise la fessée parce qu’on ne se pose pas vraiment de question sur les répercutions qu’elle a. Outre les conséquences individuelles (importantes), je pense aussi qu’elle a des conséquences sociales – pour faire très très grossier : on trouve ça justifié que les gens deviennent violents sous l’emprise de l’alcool ou encore on réalise juste que le harcèlement de rue est inadmissible (alors qu’on trouve normal de battre son enfant pour imposer son autorité). L’éducation qu’on donne & qu’on reçoit est aussi l’éducation de la société – en gros.
      En tout cas, moi, je me suis demandé si pour obtenir ce que l’on souhaite de quelqu’un d’autre il est indispensable de taper – et ma réponse est NON. Je refuse et rejette toute forme de violence et de brutalité. Je ne supporte pas qu’on entre en contact physique avec moi, donc je ne risque pas de le faire de cette facon-là avec mon petit bébé chéri. Merci pour ton commentaire !

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