Les dessous de la grossesse (part.1)

 Une de mes amies m’a demandé de lui parler des dessous de la maternité. Si on connait quelques symptômes de grossesse tels que les nausées & vomissements, nombreux sont les maux que l’on découvre en cours de route.

On prévient souvent nos copines à l’utérus encore vierge ( ahah ) qu’on nous ment sur le soi-disant bonheur que c’est que de porter son enfant, on ne parle jamais en détail de ce dont il est question.

Alors, puisque mon amie est prête à tout entendre, je vais tout vous dire.

Ma grossesse fut un enfer.

– La grossesse commence avec des dégoûts alimentaires et des sensibilités olfactives. En général, ça commence avant même de savoir qu’un polichinelle a atterri dans notre bas-ventre. On a le cœur au bord des lèvres, l’estomac renversé. Sensation qui dure des heures entières. Alors méfiance devant certains aliments (perso, je ne pouvais plus blairer les haricots verts !), quand ça commence à monter, on ne peut plus maîtriser !

– Mal de crane. Le même mal de crane que pendant les règles, celui qui fatigue et donne envie de s’enfermer dans une bulle de silence.

– Contraction utérine. Comme quand on a des règles très douloureuses, qui compressent le bas du ventre, et qu’aucun antispasmodique n’arrive à calmer.  C’est d’autant plus pénible pour les femmes ayant l’utérus rétroversé puisque pour que la grossesse se déroule normalement, l’utérus reprend une place « normale » et ça, ça fait méchamment mal !

– Insomnies les premières nuit après la découverte de la grossesse ( c’est l’émotion qui est trop forte ).

– L’angoisse, la panique, la peur – la première semaine suivant l’annonce de la grossesse. Il parait que c’est normal, que c’est à la fois hormonal et émotionnel. Dit comme ça, ça n’a pas l’air traumatisant, mais pour ma part ça m’a beaucoup marqué puisque l’inquiétude s’est emparée de moi. Non pas que je doutais de mes capacités de maman, mais j’étais terrifiée à l’idée de perdre ma liberté et ma vie. J’avais l’impression de signer la date de ma mort ; au point même de me demander si j’allais vraiment garder mon ptit chat (le premier jour seulement). On est déstabilisée, perdue, on se sent seule et abandonnée. Personne pour nous aider dans ce vertige sans fin… Oui, oui, même quand le bébé était très voulu et très attendu (mon cas).

– La fatigue. Elle est lourde et pesante, on s’endort un peu tout le temps, un peu partout, et on ne trouve jamais de sommeil vraiment réparateur.

– Ne pas pouvoir consommer ce que l’on veut.

– Partager son corps avec quelqu’un d’autre, voire même se sentir dépossédée et envahie.

– L’appréhension d’une fausse couche. C’est une pensée négative persistante, l’idée terrible de perdre son bébé.

– L’hypersensibilité et les changements d’humeurs. Encore plus fatiguant pour la maman que pour son entourage, passer du rire aux larmes est éprouvant, surtout que chaque chose ressentie est vécue à l’extrême, tant les joies que les peines …. Ou pire encore : les colères !

– Les nausées. Cette permanente impression qu’on va rendre, on ne supporte plus d’être en mouvement – encore moins dans les transport.

– Et avec les nausées …. Les vomissements ! On vomit dès qu’on a le ventre vide. Sauf qu’avec les nausées, on n’a jamais faim. Et les dégoûts alimentaires n’aident pas. Pourtant, il faut manger, sinon on rend. Et vomir donne encore plus mal à la tête. Il parait que les nausées et les vomissements ne durent que le premier trimestre … grâce à eux j’ai perdu 7 kilos les deux premiers mois, et ces symptômes ont persisté jusqu’à la fin de ma grossesse.

– Les brûlures d’estomac. Celles-là, elles arrivent au deuxième trimestre. C’est assez surprenant quand on n’en a jamais eu. C’est comme avoir du feu, dans tout l’estomac, la trachée, la langue et la bouche. Et rien ne calme ! Parfois les crises étaient si fortes que je restais assise, en boule, pendant 7 à 8h avant que ça passe. J’ai essayé tous les conseils et tous les médicaments et rien ne m’a jamais soulagée. Il parait aussi que ça ne dure qu’un trimestre, pourtant j’en ai eu jusqu’à après l’accouchement. Les responsables sont les hormones qui bouleversent tout le transit.

– Les cheveux qui tombent. Une rumeur folle raconte que pendant la grossesse, on est belle et ravissante. En vrai on a les cheveux gras, plats, ternes, et pire encore : ils tombent par poignée. Et ça, jusqu’à l’accouchement !

– Il en est de même pour la qualité de la peau : teint gris & cernes. Rien à faire !

– Mais le pire, ça reste l’acné de grossesse. J’en avais plein le dos, il n’y avait pas cinq millimètres de peau sans un énorme bouton immonde. Un cauchemar à voir mais Dieu merci, je n’étais pas enceinte pendant l’été et je n’ai donc pas eu à avoir honte en allant à la plage. Deux semaines après accouchement je n’avais plus rien !

– Les douleurs ligamentaires pelviennes, appelées aussi « Syndrome de Lacomme ». Au début ça ressemble à des courbatures, comme si on avait fait du cheval. La douleur commence à l’entre jambe, les petits os du pubis s’élargissent de quelques millimètres pour préparer l’arrivée de bébé. Aucune femme n’y échappe mais ce n’est pas forcément douloureux. Me concernant, j’ai eu mal du début du 5eme mois jusqu’a +3 mois après accouchement. Au début ça allait, mais rapidement j’ai eu le bassin complètement bloqué. Impossible de me lever, de m’asseoir, de marcher, de me retourner quand j’étais couchée au lit. Je vous passe les détails, mais pour en pleurer, c’est que j’avais vraiment très mal. A priori ces douleurs arrivent sur la fin du dernier trimestre.

– Les seins gros, lourds, douloureux, les montées de lait. Oui, ça fait mal.

– Les bouffées de chaleurs & l’excès de transpiration. L’avantage c’est qu’en plein hiver, on n’a jamais froid … Mais à quel prix ?!

– Le célèbre malaise vagal. Célèbre une fois qu’on est enceinte, parce que avant de l’être, on n’est pas franchement au courant qu’au moindre coup de chaud ou coup de stresse on va tomber dans les pommes en plein magasin alors que deux minutes avant tout allait bien. Et puis pour ça, il n’y a rien à faire : il faut toujours anticiper ses sorties, prévoir la bouteille d’eau sucrée et quelqu’un qui nous accompagne. Le premier malaise est le plus impressionnant !

– La médicalisation de la grossesse. On nous dit qu’être enceinte, ce n’est pas une maladie. Mais que nenni ! Avec une visite prénatale par mois, les prises de sang (pour ma part c’était toutes les trois semaines car « à risque »), le test du diabète gestationnel, les suivis gynécologiques, les échographies, les cours de prépa à l’accouchement, les rdv à la maternité divers & variés, les symptômes douloureux qui forcent à aller chez le généraliste une fois par mois, etc ….. c’est franchement usant. Au point qu’à la fin, je ne voulais plus voir l’équipe médicale, ni même faire ma dernière échographie !

– Les kilos & les vergetures. Même si on sait que le corps change et qu’on ne maîtrise rien, ce n’est jamais très agréable. Concernant les kilos, je précise que les gynécologues sont très culpabilisants. Je souhaite en profiter pour prévenir toutes celles qui n’ont pas été enceintes que la morphologie ne se contrôle pas, et le corps est tellement « en furie » pendant qu’on fabrique nos ptits bébés que tout faire pour contrôler son poids, c’est perdre une énergie considérable ‘’pour rien’’.

– Les contractions de Braxton Hicks, ou encore les contractions physiologiques. L’utérus travaille, bosse, change de taille tous les jours – alors forcément ça se sent. Ça ne fait pas mal, mais c’est parfois gênant (notamment quand on travaille) ou quand on n’en a jamais eu et que ça arrive tout à coup parce que on panique. Dans mon cas, j’en ai eu dès le premier mois, et jusqu’à la fin !

– Le mal de dos. On sait que c’est normal puisqu’on a un gros ventre, mais  ça ne rend pas plus acceptable la douleur.

– Les œdèmes. La rétention d’eau qui fait gonfler les pieds, les chevilles, les mains, le cou, et même les yeux ! Plein d’eau, de l’eau, de l’eau – et avec elle, les jambes lourdes comme du béton.

– Le nerf sciatique qui se coince un peu tout le temps, souvent pour rien. Ça surprend, ça fait très mal !

– La perte de mobilité. C’est mignon de voir une femme enceinte se déplacer comme un gros ballon et galérer quand elle se lève ou s’assoie. Mais en vrai, c’est assez handicapant quand, au quotidien, il faut vivre sans voir ses pieds et sans pouvoir bouger tout son tronc. On réfléchit toujours à trois fois avant d’entreprendre une action.

– Les problèmes de respiration. On est essoufflée rapidement mais surtout quand on est au repos, couché sur le dos (parce que la veine cave est compressée, ça on l’apprend pendant la grossesse). Du coup, la nuit, on ronfle !

– Les fuites urinaires. C’est pas glamour mais ça arrive en toute fin de grossesse, quand bébé est si rond qu’il appui en permanence sur la vessie qui ne peut donc plus contenir quand chose. Quand on a envie d’éternuer ou quand on rit trop fort, on se mouille !

– Les insomnies & le monde onirique. Beaucoup d’insomnie un peu tout le temps durant la grossesse, et quand on arrive à dormir, on fait des cauchemars épouvantables et très intenses. On trouve souvent ces deux symptômes de grossesse chez les femmes et pourtant on n’en entend pas toujours parlé.

– Les petits petons de bébé qui se calent sous les cotes, qui tirent et tapent.

Il existe d’autres maux  tels que la charmante présence d’hémorroïdes, les douleurs dentaires (les gencives sont très fragiles pendant la grossesse), les pertes vaginales abondantes, l’absence de libido (ou au contraire l’hypersexualité), les envies alimentaires qui rendent folles en plein milieu de la nuit (je veux des fraises ! je veux des fraises ! je veux des fraises !), l’apparition de certaines allergies, le diabète gestationnel, la phobie de l’accouchement …
Vous l’aurez compris, la grossesse n’est pas toujours si merveilleuse que ça. Cependant je tiens à préciser qu’il s’agit de mon expérience personnelle. Certaines grossesses se déroulent sans encombre, dans une plénitude parfaite et dans un bonheur implacable.

ventrerond

 Je suis certaine que si mon aventure n’avait pas été si difficile émotionnellement, j’aurais bien moins somatisé. Je n’ai pas eu beaucoup de chance puisque tous les maux m’ont suivi jusqu’à l’accouchement et parfois même jusqu’à quelques jours après.

Je n’ai pas aimé être enceinte contre toute attente. Pourtant j’attendais ce grand moment depuis toute petite. Jamais je n’aurais imaginé qu’elle puisse être un cauchemar éveillé et encore moins que je puisse la détester à ce point. J’en ai fais un rejet, pendant tout un mois, tellement c’était dure de s’y faire et d’accepter que Disney n’existe pas.
Pour finir sur une note positive, sachez que l’esprit humain est magique, puisque « j’ai tout oublié » et qu’aujourd’hui ce qui me donne tellement envie d’avancer dans ma vie, c’est l’idée de tomber de nouveau enceinte, très vite.

Sachez que si ces symptômes peuvent décourager et détourner de l’envie de devenir maman, il existe aussi de très beaux moments. Pour n’en citer qu’un : celui de sentir son enfant bouger et réagir. Ca suffit à enchainer tous les désagréments, les douleurs, les peines, les ras-le-bol. Ce bonheur-là n’a pas de nom et dépasse en intensité tous les bons moments de la vie. ( et c’est encore mieux quand Bébé est là ! )

Bien à vous, jolies  mères & futures mamans !

MaudSig

[ Edit : N’ayez plus peur et retrouver aussi les bons côtés de la grossesse par ici ! ]

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17 réflexions sur “Les dessous de la grossesse (part.1)

    • Maud dit :

      Exactement ! Et meme en sachant tout ça, j’aurai quand meme fait tout pareil ! C’est difficile et éprouvant sur le moment, mais franchement après on se rappelle plus et on est mélancolique quand on se dit que la grossesse est déja terminée. J’ai hate de retomber enceinte !

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  1. Natacha dit :

    Ah ça la grossesse toute rose…
    A écouter la majorité des gens c’est un monde extra que celui de la grossesse ! J’ai eu plusieurs maux que tu cites et pas les plus difficiles à vivre et pourtant je n’ai pas du tout aimé être enceinte !
    Mais je pense que c’est également lié à notre mental et le contexte. Je pense que les histoires perso + mes envies et le déroulement des choses ont fait que je n’étais pas du tout en phase avec ce que je désirais réellement pour cette grossesse. Je n’ai pas de regrets car c’est du passé mais pour ma prochaine je sais que j’aborderais les choses différemment !

    Mais il faut bien le dire, la grossesse ça peut être formidable ou pas du tout ! Et quand on la vit mal on doit s’en cacher sous peine d’être jugée aie aie !

    Et l’accouchement qui se passera forcément bien à écouter les équipes médicales ? On en parle ? :p

    Aimé par 1 personne

    • Maud dit :

      Je compte faire un témoignage sur mon accouchement, qu’on en parle – de lui aussi. Ce Merveilleux & tant attendu moment de vie … quelle arnaque.

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  2. juliaclyam dit :

    Hé bein hé bein c’est que ca donne envie tout ca 😂 Mais tu as très bien fait de rétablir les verités ! La grossesse ca n’est pas forcement 9 mois de plenitude totale… hé non ! J’ai connu divers episodes aussi dont je parlerais dans un prochain article hihi. Gros bisous ma douce

    Aimé par 1 personne

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